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Dossier de presse
(au format PDF)
Compagnie Vincent Colin
Administration et diffusion
Hélène Icart / Prima Donna
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Portable 06 23 54 53 42
www.prima-donna.fr
helene.icart@prima-donna.fr
Communication
Maria Moralès
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mariamorales@wanadoo.fr
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BOUVARD ET PÉCUCHET
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d’après Gustave Flaubert
adaptation et mise en scène Vincent Colin,
avec Roch-Antoine Albaladéjo et Philippe Blancher.
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Création février 2013.
Co-production Espace Jean Legendre, Scène conventionnée de Compiègne et Compagnie Vincent Colin, en résidence
au Théâtre du Lucernaire à Paris.
FLAUBERT, L'ENCYCLOPÉDISME ET GOOGLE…

« Bouvard et Pécuchet m’embêtent, il est temps que ça finisse… » disait Flaubert, fatigué d’élaborer ce vaste projet dédié à la bêtise humaine.
On aurait aimé lui répondre : « Nous aussi ! », tant ses deux anti-héros finissent par nous épuiser dans leur quête interminable du savoir et de l’expérience.
Mais cette démarche exténuante, pour eux comme pour le lecteur, est précisément le sujet et l’enjeu de ce roman à nul autre pareil. Toute sa modernité réside dans cette insatiable accumulation de connaissances.
Bouvard et Pécuchet, étaient intoxiqués de l’Encyclopédisme, comme nous sommes aujourd’hui les victimes consentantes de Google.
Le savoir est aujourd’hui planétaire et à portée de main - ou plutôt de clic - Flaubert, en artiste inspiré, aurait-il imaginé, un siècle avant son avènement, cette révolution du savoir à la portée de tout le monde ?
Nous pensons notamment à nos jeunes retraités d’aujourd’hui qui, enfin libérés des contraintes du travail, comme l’étaient nos deux héros copistes chez Flaubert se lancent dans mille activités physiques et intellectuelles : se passionnent pour le jardinage, apprennent le chinois, voyagent aux quatre coins de la planète, servent les repas aux restos du cœur, s’inscrivent en licence de botanique, assistent à des séminaires de philo, font des randonnées pédestres, signent des pétitions, et mille autres choses toutes aussi légitimes et passionnantes les unes que les autres. L’activisme débridé d’aujourd’hui, symbole apparent de modernité, ressemblerait fort à celui des deux compères flaubertiens.
La peur du vide enfin vaincue par le trop-plein !
Gustave Flaubert nous parle de notre vaine prétention à vouloir tout savoir, tout vivre, tout ressentir, tout expérimenter, tout consommer, tout contrôler, à fuir l’inaction, quitte à passer du coq à l’âne sans cesse, au risque de finir par tomber de Charybde en Scylla.
NOTES DE MISE EN SCÈNE

Deux acrobates du verbe, du geste et de la vie, se découvrent, s’associent et développent ensemble une activité encyclopédique aussi vaste que vaine. Deux comédiens, tels deux danseurs, deux virtuoses sur un plateau entièrement vide.
Gilbert and George, le couple célèbre d’artistes plasticiens, nous inspire dans la manière d’aborder la vie de ces deux protagonistes : ressemblance, extravagance, complémentarité et inventivité.
Nous pensons aussi à tous ces tandems qui, un beau jour, décidèrent, à la manière de Bouvard et Pécuchet, d’associer leurs talents pour le meilleur et pour le pire : De Don Quichotte et Sancho Panza à Laurel et Hardy, en passant par les frères Goncourt, Gault et Millau, Tom et Jerry… et bien d’autres.
Cette encyclopédie de la bêtise humaine mise en scène, sera à la fois grave et drôle, profonde et insignifiante, philosophique et burlesque.
Vincent Colin - octobre 2011
GUY DE MAUPASSANT, À PROPOS DE BOUVARD ET PÉCUCHET
De toutes les oeuvres du magnifique écrivain, celle-ci est assurément la plus profonde, la plus fouillée, la plus large ; mais, pour ces raisons mêmes, elle sera peut-être la moins comprise.
Voici quels sont l'idée et le développement de ce livre étrange et encyclopédique, qui pourrait porter comme sous-titre : « Du défaut de méthode dans l'étude des connaissances humaines ».
Deux copistes employés à Paris se rencontrent par hasard et se lient d'une étroite amitié. L'un deux fait un héritage, l'autre apporte ses économies ; ils achètent une ferme en Normandie, rêve de toute leur existence, et quittent la capitale. Alors, ils commencent une série d'études et d'expériences embrassant toutes les connaissances de l'humanité ; et, là, se développe la donnée philosophique de l'ouvrage. Ils se livrent d'abord au jardinage, puis à l'agriculture, à la chimie, à la médecine, à l'astronomie, à l'archéologie, à l'histoire, à la littérature, à la politique, à l'hygiène, au magnétisme, à la sorcellerie ; ils arrivent à la philosophie, se perdent dans les abstractions, tombent dans la religion, s'en dégoûtent, tentent l'éducation de deux orphelins, échouent encore et, désabusés, désespérés, se remettent à copier comme autrefois.
Le livre est donc une revue de toutes les sciences, telles qu'elles apparaissent à deux esprits assez lucides, médiocres et simples. C'est en même temps un formidable amoncellement de savoir, et surtout, une prodigieuse critique de tous les systèmes scientifiques opposés les uns aux autres, se détruisant les uns les autres par les éternelles contradictions des auteurs, les contradictions des faits, les contradictions des lois reconnues, indiscutées.
C'est l'histoire de la faiblesse de l'intelligence humaine, une promenade dans le labyrinthe infini de l'érudition avec un fil dans la main ; ce fil est la grande ironie d'un merveilleux penseur qui constate sans cesse, en tout, l'éternelle et universelle bêtise.
(…) un comique tout particulier, un comique intense, se dégage de cette procession de croyances dans le cerveau de ces deux pauvres bonshommes qui personnifient l'humanité. Ils sont toujours de bonne foi, toujours ardents, et invariablement l'expérience contredit la théorie la mieux établie ; le raisonnement le plus subtil est démoli par le fait le plus simple.
Quand Bouvard et Pécuchet, dégoûtés de tout, se remettaient à copier, ils ouvraient naturellement les livres qu'ils avaient lus, et reprenant l'ordre naturel de leurs études, transcrivaient minutieusement des passages choisis par eux dans les ouvrages où ils avaient puisé. Alors commençait une effrayante série d'inepties, d'ignorances, de contradictions flagrantes et monstrueuses, d'erreurs énormes, d'affirmations honteuses, d'inconcevables défaillances des plus hauts esprits, des plus vastes intelligences. Quiconque a écrit sur un sujet quelconque a dit parfois une sottise. Flaubert l'avait infailliblement trouvée et recueillie ; et, la rapprochant d'une autre, puis d'une autre, puis d'une autre, il en avait formé un faisceau formidable qui déconcerte toute croyance et toute affirmation.
On peut dire que la moitié de la vie de Gustave Flaubert s'est passée à méditer Bouvard et Pécuchet, et qu'il a consacré ses dix dernières années à exécuter ce tour de force. Liseur insatiable, chercheur infatigable, il amoncelait sans repos les documents. Enfin, un jour, il se mit à l'oeuvre, épouvanté toutefois devant l'énormité de la besogne. « Il faut être fou, disait-il souvent, pour entreprendre un pareil livre. »
(… ) deux Sisyphe modernes et bourgeois qui tentent sans cesse l'escalade de cette montagne de la science, en poussant devant eux cette pierre de la compréhension qui sans cesse roule et retombe.
Mais eux, à la fin, haletants, découragés, s'arrêtent, et, tournant le dos à la montagne, se font un siège de leur rocher
(Extraits) In Le Gaulois. 6 avril 1881.
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