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LIVRE



Compagnie Vincent Colin

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Communication
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MON PETIT THÉÂTRE AU LONG COURS
30 escales du Havre à Shangaï

de Vincent Colin

publié aux éditions L'Harmattan en mai 2017.

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PRESENTATION

 
Dans cet ouvrage, Vincent Colin nous fait partager son parcours en trente escales, du Havre à Shangaï. Il a participé à la création de l'Atelier théâtre et musique de Bagnolet, il a dirigé ensuite la Scène de Cergy-Pontoise, puis a fondé le Centre dramatique de l'océan Indien à la Réunion. Sa compagnie a aussi été accueillie en résidence au Théâtre du Lucernaire de 2004 à 2013. Vincent Colin a multiplié, tout au long de son parcours, les aventures théâtrales à l'étranger, du Vietnam à la Chine, de l'Océan Indien à l'Amérique latine. C'est le baroudeur du théâtre français, le metteur en scène des aventures extrêmes, si possible au bout du monde. (Fabienne Pascaud - Télérama).

L'Harmattan - mai 2017



 
 

REVUE DE PRESSE

 

LE TELEGRAMME A lire en ligne
A télécharger en PDF

Vincent Colin. Une vie de théâtre : Vannes, entre New York et Shangaï

Metteur en scène, directeur de théâtre, Vincent Colin a toujours cherché à créer des ponts entre les cultures. Des aventures qu'il raconte avec une distance émue, amusée, parfois désenchantée.

En résidence à Vannes pendant trois ans, programmateur de la saison 2007-2008 du théâtre, le metteur en scène Vincent Colin est aussi un enfant du pays. Entre Sarzeau et Paris, il livre le récit d'une vie sur les planches.
Son atelier « Poivre et sel », avec des Vannetais de plus de 70 ans, a été un moment marquant des années 2000 sur la scène du Palais des arts. Autant qu'a été pour lui sa non-reconduction au poste de directeur du théâtre, après avoir assuré pendant un an la succession de Michel Montech. Les liens entre Vannes et Vincent Colin sont donc à la fois forts et amers. Évidemment, quand on a parcouru le monde pour et par le théâtre, ce n'est qu'un épisode. Mais quand on est un enfant du pays, ayant toujours partagé sa vie entre ailleurs et Sarzeau, la page est plus difficile à tourner.

Florissantes années 1970
Ce n'est pas ce qui a amené Vincent Colin à écrire. L'aventure vannetaise ne représente d'ailleurs que quatre des 30 chapitres de son « Petit théâtre au long cours ». « Je viens tout juste d'avoir 70 ans. Comme tout le monde, j'ai eu envie de regarder le sens de ma vie », résume le metteur en scène. « Par nature, le théâtre ne laisse pas de trace. Or je pense avoir vécu une période exceptionnelle. Étudiant en 1968, j'ai vécu l'insouciance du théâtre public florissant, puis senti la situation se dégrader, se crisper ». Aujourd'hui, il a arrêté sa dernière direction de théâtre (Le Lucernaire à Paris). Et s'il continue sa route sur les planches avec sa compagnie, il a trouvé le temps de se replonger dans ses carnets de notes, ses coupures de presse et autres archives, avant de confier ses cartons aux archives nationales.

Émotions, impressions
Vincent Colin a déjà beaucoup écrit : pour le théâtre, d'autant que sa patte a été de faire vivre au théâtre des textes qui n'avaient pas été écrits pour ça, de l'essai de Tocqueville « De la démocratie en Amérique » au roman de Flaubert « Bouvard et Pécuchet ». Mais c'est la première fois qu'il se livre à un exercice d'écriture personnelle. Du grenier de la maison familiale du Havre, miraculeusement épargnée par les bombardements, au sous-sol de la tour TH8 de Bagnolet en passant par Bali, Ushuaia, Avignon, La Réunion, Beyrouth..., il brosse un portrait impressionniste de son parcours, dévoile son envers du décor.

Un marin du théâtre
S'il avait suivi le sillage de son père, Vincent Colin aurait été marin. Mais pour monter à Paris, il a préféré tenter les concours des écoles de commerce (il est diplômé de l'Essec, éternelle rivale d'HEC). Il a à nouveau flirté avec la voie maritime en remettant en état d'un langoustier pourrissant dans une vasière du golfe du Morbihan. La « Belle Émilie » est allée jusqu'en Méditerranée... que fréquentait aussi Brigitte Bardot. Finalement, Vincent Colin a été un explorateur, un voyageur, un défricheur, en équipage, d'où ce récit professionnel en « trente escales ». « Les plus belles resteront pour moi les débuts à Bagnolet et l'extraordinaire Madagascar ». Dans les années 1990, alors directeur de scène nationale, il créa sur la grande île puis à Cergy-Pontoise une rencontre entre brackers parisiens et rappeurs malgaches. Un brin philosophe, il regrette finalement : « Comme dans d'autres domaines, les artistes ont perdu la responsabilité de leur action au profit de gestionnaires », tout en espérant une réinvention du théâtre public par les jeunes générations.

Catherine Lozac'h - 13/06/2017


LE MENSUEL DU MORBIHAN A télécharger en PDF

«Au théâtre, l'administratif a peu à peu pris le pas sur l'artistique »

Du Havre à Bali, le metteur en scène Vincent Colin partage son parcours dans un livre disponible depuis mai. Dix ans après son départ du Théâtre Anne-de-Bretagne, le Sarzeautin règle au passage ses comptes avec la Ville de Vannes.

Le Mensuel : Vous avez écrit Mon petit théâtre au long cours pour, dites-vous, " témoigner d'une époque charnière dans la lente dégénérescence du théâtre public ". Qu'est-ce qui a changé depuis vos débuts, dans les années 70 ?

Vincent Colin : J'ai la chance d'appartenir à une génération bénie des dieux, celle des Trente glorieuses. Nous étions insouciants, voire irresponsables à l'époque. Le chômage n'existait pas. Je n'ai eu aucun remord à me lancer dans le théâtre après avoir obtenu un diplôme de commerce. Ce serait beaucoup plus difficile aujourd'hui. L'administratif a peu à peu pris le pas sur l'artistique. Les directeurs de théâtre ne sont plus des artistes mais des gestionnaires. Ça correspond à un mouvement global de la société. L'argent public est davantage contrôlé et la liberté de création a été réduite.

Vous êtes de ceux qui pensent que " c'était mieux avant " ?

Non, ce serait faux de le dire d'ailleurs. Je ne suis pas aigri. Je fais simplement un constat. Il faut faire confiance au talent des gens, c'est le sens de mon livre. La France a une image de pays culturel à l'étranger. On exploite mal ce gisement, alors que ça ne demande pas un effort financier énorme. C'est simplement une question de rencontres. En voyageant, j'ai appris qu'on pouvait monter des projets très facilement.

Vous étiez en résidence au Théâtre Anne-de-Bretagne (Tab) de Vannes de 2003 à 2007. Dans votre parcours, que représente cette "escale" ?

Ça a été un choc à mon arrivée. Je rentrais de la Réunion, où il y avait des jeunes partout. A Vannes, je ne voyais que des vieux. Je me suis dit : " C'est avec eux qu'il faut travailler. " J'ai monté une petite troupe de seniors. Se déplacer, frapper dans ses mains en rythme... Tout était compliqué pour eux. Mais ça devenait une matière intéressante. On a mis en scène un spectacle, le public répondait présent. Tout allait bien dans le meilleur des mondes.

Jusqu'au départ du directeur du Tab. Vous étiez pressenti pour lui succéder, mais la Ville a finalement choisi Gildas Le Boterf.

Les artistes inspirent toujours de la crainte, ils sont supposés ingérables. On m'a joué un mauvais tour. Je ne pouvais décemment plus rester. Vannes est un cas un peu spécial. La ville a un outil magnifique - le Tab -, un super public, elle est dans une région vivante... Elle a tout pour avoir un rayonnement national. Mais elle a toujours été en retrait, parce que la Ville ne voulait pas perdre la main sur son bébé.

Vous concluez votre livre sur une note mélancolique : " Ecrire sur le sable est le lot des gens de théâtre. " N'oubliez-vous pas l'influence de vos créations sur les spectateurs ?

Bien au contraire. Une pièce, ce sont des souvenirs pour la vie. Ce n'es pas pour rien que mon livre de chevet est A la recherche du temps perdu. J'ose espérer qu'il reste des images de mes spectacles dans la tête des Vannetais. Simplement, c'est toujours une déchirure le soir de la dernière. Le théâtre est un art éphémère. On peut en parler, et c'est tout. C'est sa grandeur et sa limite. Voilà pourquoi c'était pour moi important de laisser une trace avec ce livre.

Maxime Gourand - juillet 2017


LE TELEGRAMME A lire en ligne

L'air du large.

Au théâtre, il ne faut pas abuser de ses souvenirs. Les livres de mémoires sont souvent pleins de choses emportées par le vent, donc vides. Alors que nous importe le récit de Vincent Colin, Mon petit théâtre au long cours, 30 escales du Havre à Shangaï ? Il est plus modeste que bien des ouvrages, de telle sorte que cette parole d’artiste-artisan sonne plus vrai que les habituelles rodomontades des matamores de la scène. Vincent Colin, né dans un port (Le Havre), voyageur amoureux de la diversité de la planète, a d’abord travaillé dans la compagnie du compositeur Georges Aperghis : une belle école. Puis il a créé sa propre troupe, avant de diriger deux structures importantes : le Théâtre des Arts à Cergy-Pontoise et le Centre dramatique de l’océan indien à Saint-Denis de la Réunion. En dehors de ses propres spectacles, dont il était souvent l’auteur ou l’adaptateur, il a su faire confiance à d’autres équipes et, quand il était à la Réunion, donner leur chance et un éclat international à des artistes de l’île où il était, de Madagascar ou de la Namibie. Récemment, il a participé à la renaissance du Lucernaire où, parmi d’autres mises en scène, il a ressuscité une pièce oubliée de Voltaire (L’Ecossaise ou Le Café) et donné une belle vie théâtrale à Bouvard et Pécuchet de Flaubert. A présent, il nous donne à lire la rétrospective de sa carrière, mais sans vanité, en rendant hommage à ceux qui l’ont aidé ou qu’il a aidés (Jean-Pierre Wurtz au ministère de la Culture, la troupe malgache Landyvolafotsy, etc.) et en raillant gentiment ceux qui lui ont mis des bâtons dans les roues (la municipalité de Vannes où il avait implanté sa troupe en rentrant de l’océan Indien, Pierre Bergé qui, en tant qu’ayant-droit de Cocteau, brida la tournée de la merveilleuse mise en scène que Colin avait faite des Mariés de la tour Eiffel et que jouaient des acteurs-danseurs namibiens...).

Colin est majoritairement bienveillant. Les anecdotes qui lui viennent sous la plume sont joyeuses avec profondeur. On le lit avec un plaisir continu. Face aux missions qu’implique l’Etat (il se moque quelque peu de l’administration et des propos solennels que peuvent afficher des établissements publics, critique les jeux respectifs du in et du off à Avignon) il revendique sa ligne personnelle, qui privilégie l’adaptation de grands textes littéraires. Il a, en effet, transposé avec justesse Maupassant, Voltaire, Kafka, Albert Londres, Tocqueville, des poèmes d’Hugo, même si ses plus grands succès sont appuyés sur des textes théâtraux, comme Monsieur Jourdain au Tonkin qui fit sensation à Saïgon. « Les gens de théâtre et les critiques patentés sont souvent mal à l’aise avec les adaptations, écrit-il. Il s’agit pour eux d’un théâtre subalterne, ne faisant pas parti du répertoire. Rien ne vaut à leurs yeux une pièce écrite originellement pour la scène. C’est bien dommage. » Comme il mis en scène des textes de Pliya, Minyana, de La Parra, on minimisera cette profession de foi. Colin a su défendre à la fois le théâtre des poètes de la scène et celui qui dort dans les œuvres littéraires. Capitaine Colin natif du Havre, malgré l’âge qui n’épargne pas les loups de mer, ne laissez pas votre navire théâtral en cale sèche. L’air du large souffle dans vos propos. C’est rare !

Gilles Costaz - 28 mai 2017